Haïm Korsia – rapport à la mort

Transcription de la vidéo

Est-ce que, selon vous, le fait d’essayer de vivre au quotidien de manière éthique change quelque chose dans le rapport que l’on a à la mort ?

Le rapport à la mort, c’est quelque chose de très personnel. Vous avez des gens de grande foi qui ont peur, justement parce qu’ils ont beaucoup de foi. Vous avez des gens de peu de foi qui n’ont pas peur, parce qu’ils ne se posent pas de question. Vous avez des gens qui ont la foi et qui n’ont pas peur, parce qu’ils ont l’espérance. Tout existe, c’est vraiment très personnel. Ce qui est certain, c’est ce que disait Blum, et je crois qu’il y a l’épitaphe sur sa tombe : « Faire ce que l’on peut, là  où l’on est, je ne connais pas d’autre morale ». Et quand vous avez fait jouer en permanence votre réflexion éthique sur le bien ou le mal, là vous pouvez vous dire : « J’ai fait ce que je pouvais. Ce n’est pas parfait, mais j’ai fait ce que je pouvais ». Et de ce point de vue, c’est plus rassurant que celui qui dit : « J’ai fait le bien » et qui, dans son for intérieur, sait bien ce qu’il a fait. C’est le Psaume qui le dit : « Nul n’est juste sans faire le mal ». Donc par nature avec nos contradictions, avec nos rêves, avec les attentes que Dieu peut avoir envers nous, les attentes que les autres peuvent avoir envers nous. Et je crois qu’il y a une grandeur dans ce questionnement, en fait. Comme la mort est un grand questionnement, il vaut mieux faire le pari de Pascal en disant : « Je fais le bien, on verra bien. »

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