Pejman Memarzadeh – éthique et morale

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Comment distingueriez-vous l’éthique de la morale?

La grande différence entre la morale et l’éthique, c’est que la morale est quelque chose d’obligatoire, d’une certaine manière. Et l’éthique, ce n’est pas obligatoire, c’est un choix, vraiment. Dans la morale, avec toutes les vertus que ça a − parce qu’il faut de la morale −, à la fin il y a un impératif : il faut faire, il ne faut pas faire ; c’est bien, c’est mal. Alors que dans l’éthique, il n’y a pas cet impératif, en fin de compte.

Quand on parle de morale, on dit : « On fait la morale à un enfant.» Effectivement, on construit chez lui le début, les fondements du discernement. Dans un bus ne pas donner sa place à une personne âgée, c’est mal. A un enfant on peut lui expliquer que c’est mal, que ce n’est pas bien, « ce n’est pas gentil, voilà, parce que peut-être qu’elle est fragile et qu’elle a plus besoin de s’asseoir que toi. Donc cède ta place ! » Ce sont des choses beaucoup plus faciles et beaucoup plus évidentes à gérer. Mais l’éthique fait appel à une vraie réflexion et je crois qu’il faut même se faire à l’idée que régulièrement il n’y a pas de réponse à la clé définitive dans la démarche éthique.  Il y a la notion de relativisme qui existe dans l’éthique, qui est très intéressante. La grande force de l’éthique, et c’est là que l’éthique est plus intéressante que la morale, à mon sens, c’est qu’il y a cette notion de libre-arbitre, cette notion d’adaptation constante et le fait qu’effectivement, à terme, c’est une philosophie de vie, un art de vivre. C’est ça le défi, et le projet éthique il est là, réellement.

Entretien réalisé le 5 février 2008

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