Pierre Mondy – éthique et vie professionnelle

Transcription de la vidéo

Quelles sont les difficultés d’ordre éthique que vous avez rencontrées dans votre vie professionnelle ?

Si je vous dis dans ma filmographie le nombre de nanars que j’ai fait… Mais c’est vrai qu’à un moment donné il y a une espèce de…  voilà, le bas, en dessous de la ceinture, improbable. Pour moi, c’est ça l’éthique. Même, par moment, on est surpris de voir des gens qu’on estime énormément. J’ai vu là, avec les Césars, parce qu’on voit les films ; on en voit par moment, on se dit : « Tiens, c’est marrant qu’il se soit mêlé à ça, parce que… ça tape bas. » Ça tape bas, oui, ça tape bas… En gros, quand on dit de moi : « C’est un acteur populaire, qui a fait des choses populaires mais dignes », voilà, ça s’arrête là. C’est la ligne de flottaison. En dessous, on coule. On coule sur le sujet, sur ce qu’il y a à faire, sur ce qu’il y a à raconter. L’essence même du sujet vous gêne, vous trouble. Ce n’est pas votre affaire, ce n’est pas votre truc. De toute façon, on ne pensera jamais à moi pour ce genre de choses, parce que je ne le reflète pas.

La dignité, c’est quand le sujet en général... lorsqu’on vous propose une pièce, mais plus souvent un film – une télé non, parce que ça s’adresse au public, un grand public, et que ça va dans les familles –, mais le côté glauque, le côté... J’en ai vu, là, un ou deux comme ça, où on m’aurait proposé ça, même un rôle important, je n’y aurais pas été. Je n’y aurais pas été. D’abord je me serais senti très mal à l’aise, simplement de faire des choses physiques, avec une femme, mais vraiment visiblement.

Je n’ai jamais jugé ma copine, Simone Signoret, sur le fait qu’elle avait signé des pétitions, pour l’avortement. Du tout, du tout, du tout. Ça aussi, par exemple, c’est ce que j’appelle mon éthique personnelle. Simone Veil, j’adhère complètement. Quand j’ai eu à juger de choses personnelles, je pourrais vous dire : « J’étais contre », et bien non, je n’étais pas contre. C’est un comportement éthique ça, on est bien d’accord ? Dire : « Comment peut-on ? » Oui, c’est vrai que cela pose vraisemblablement beaucoup de problèmes à des catholiques… sûrement. Mais moi, non. En tant qu’être humain, moi personnellement, moi en tant que moi, quand il y a eu la loi Simone Veil – Dieu sait si cela a été difficile –, j’ai pensé que c’était utile… parce qu’il y avait l’autre côté qui était absolument horrifiant. Voilà!

Entretien réalisé le 30 janvier 2008

 

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