Ghaleb Bencheikh – éthique et société

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Transcription de la vidéo

Quels comportements éthiques recommandez-vous pour améliorer la vie en société ?

Il me semble que tout groupe humain est soumis à des frictions de par la présence des hommes, des êtres humains, des hommes et des femmes. Forcément. Le fait de s’en rendre compte et de prendre du recul atténue l’acuité et la difficulté qu’il y a à vivre, de par l’incompréhension qui tôt ou tard surgira dans ce groupe humain. Les maîtres mots restent : privilégier l’écoute, désamorcer le conflit ab ovo si c’est possible. Dès l’œuf.

Savoir aussi gérer les frustrations ; se dire que toute œuvre humaine est perfectible.

Privilégier jusqu’au bout le débat, l’entente, la discussion, l’échange des idées, l’explication. Ne pas généraliser pour l’interlocuteur, le débatteur, le contradicteur, voire l’adversaire, en réduisant son acte à son être. Appliquer déjà cela à soi-même.  Essayer – mais là c’est une sorte de catalogue facile à dire et avec une énorme présomption -, essayer de dégager autour de soi une sorte de sérénité ou une sorte d’équanimité.

Donc agir avec calme, circonspection. Essayer de se maîtriser, se faire violence avant de faire violence. Tout ça n’est pas facile, encore une fois.  

Dans le milieu professionnel, comment éviter les conflits dans les relations humaines ?

Prenons simplement comme exemple le milieu dit « de la télévision », qui suscite des fantasmes, des appétits féroces, des convoitises réelles, amplifiées parce que la réalité de l’intérieur est tout aussi indigente, tout comme d’autres secteurs de la vie. Partir de l’idée que nous ne sommes tous que de passage sur terre et à fortiori dans le paysage audio-visuel.  

Avant de citer quelques cas ou un cas de jalousie dont on pense – en l’occurrence votre serviteur pense en avoir été l’objet ou la victime –, il faudrait peut-être voir en soi si on n’a pas été envieux, si on n’a pas été jaloux. Est-ce que, finalement, on se réjouit au bonheur d’autrui ou est-ce que on est peiné à la peine d’autrui ? Ou est-ce qu’on n’est content que lorsque autrui est dans une situation plutôt difficile ? Ce sont des questions qu’il faudrait d’abord savoir se poser à soi-même, se remettre en cause constamment, et si on décèle que c’est le cas, y a un énorme travail à mener, véritablement.

Dans le cadre des rencontres quotidiennes et professionnelles, même si c’est le cas, et ça arrive, ça pousse à ne pas jouer la vantardise. Ça pousse à ne pas conjuguer trop les verbes à la première personne du singulier. L’humilité véritable n’est pas celle où l’on s’auto-admire humble et l’on affiche que l’on est humble. Sans vouloir me l’attribuer à moi-même, je pense aussi qu’on est autour de soi et avec autrui dans un groupe humain par son charisme, sa stature, sa carrure morale ou éthique et sa qualité d’être. C’est une manière d’être qui fait que, à tout le moins, ça atténue les nuisances.

Entretien réalisé le 5 décembre 2008

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