Amobé Mévégué – éthique et transmission

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Transcription de la vidéo

Pensez-vous que l’éthique peut se transmettre ? Si oui, comment ?

J’ai la conviction que oui. Je pense, sans vouloir être autoritaire, qu’il faudrait des médias. Il faut utiliser les médias, parce que les médias sont partout aujourd’hui : on est à l’ère d’internet, on est à l’ère du téléphone mobile qui est le réceptacle désormais non seulement de la télévision, mais de toutes les informations. Bientôt on aura des nano microprocesseurs qui nous permettront d’utiliser n’importe quel objet comme un outil de communication. Je suis convaincu qu’il faut véhiculer ces valeurs là, mais par l’exemple. Et l’exemple, ce n’est pas simplement un chef d’état ou un capitaine d’industrie. C’est la manière dont un individu se conduit dans sa maison : un paysan, un ouvrier, un cadre, un citoyen chinois, un citoyen congolais, tchétchène. Essayer de décrypter dans le quotidien des gens et souvent dans la vie des anonymes - qui pour moi sont des super héros - ces facultés à être en phase avec un certain nombre de valeurs qu’on labellise l’éthique, qui se partagent à l’échelle planétaire à équité, mais dont la lisibilité, justement, est jugulée par ce que je dénonçais précédemment, à savoir une espèce de conglomérat de mandarins, qui sont entre autres les journalistes, en association avec les capitaines d’industrie, qui contrôlent la pensée et qui occultent tout un pan de ce qui pourrait permettre justement de mettre en lumière des actions à valeur éthique positive.

Je pense que les universités ne suffiront pas, mais il faut donner dans les universités des master classes avec des gens qui sont des exemples dans leur vie ; aller peut-être dans les rédactions de grands quotidiens ou de grands médias télévisuels, de presse écrite, etc. et citer des exemples d’anonymes ou de gens très connus qui, dans leur exemplarité, dans l’accomplissement de leur existence ont puisé avec force et vigueur dans les ramifications de valeurs dites éthiques et morales. Et ça, je pense que c’est un réseau, grâce à internet aujourd’hui, qui peut être mis en place rapidement et qui, sans dogmatisme, justement parce qu’il serait ouvert, ne serait pas indexé à l’appartenance à une religion, à une confrérie, à un champ civilisationnel, à un pays. Il serait ouvert à l’humanité et on pourrait, grâce à ce réseau-là justement, véhiculer notamment aux enfants, mais également aux décideurs, si on peut encore « sauver leur âme », entre guillemets.

Ça c’est de l’ironie dans ma bouche, c’est une petite boutade, une petite pique pas très méchante, mais pour dire qu’il est encore temps, autant pour le réchauffement climatique que pour nos consciences, de mettre en place ces dispositifs. Et je compte justement sur la Fondation qui vous habite et qui vous anime. Je compte également sur d’autres réseaux citoyens pour que l’on puisse véhiculer ces valeurs-là. C’est ce que j’essaye de faire, j’espère sans dogmatisme parce que nul n’est parfait, la perfection n’est pas de ce monde. J’essaye de faire cela au quotidien, dans le champ d’application de ma profession, mais également chez moi, à la maison, avec ma famille, avec mes voisins, les amis de mes enfants, etc. En vous souhaitant que vos vies se passent pour le mieux et que vous puissiez justement accomplir vos rêves les plus chers et que vous puissiez diffuser dans la société, en commençant par votre cellule familiale, le meilleur des valeurs éthiques et morales que vous portez.

Entretien réalisé le 10 janvier 2008

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