Yves Lecoq – caractères et vertus éthiques

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Transcription de la vidéo

Quels sont les traits de caractères éthiques qui vous ont été le plus nécessaires dans votre vie ?

J’ai essayé de ne pas tricher, c’est-à-dire de ne pas tromper les gens avec lesquels j’étais en contact dans ma vie professionnelle ou personnelle, d’essayer de leur dire ce que je pensais. Leur dire la vérité, même si quelquefois elle est dure à supporter. Donc la franchise, parce qu’on a tous tendance à… quand on ne veut pas faire de mal, on a tendance à dissimuler. Je pense qu’il est bon quelquefois de faire un peu mal, mais après ça, ça améliore les situations.

Même quand l’occasion d’être malhonnête se présente, se dire : « Voilà, ce n’est peut-être pas… » Ne pas saisir la perche qui vous est tendue, parce qu’on a le sens un peu de l’honneur ou de l’honnêteté.

J’ai été antiquaire quelques années, à mes débuts. Et par exemple j’étais incapable, quand j’arrivais chez les gens et que je voyais un objet, de dire : « Ça ne vaut rien » quand je savais que ça valait. J’avais tendance à surestimer le truc, bon voilà… C’était un parti pris de ne pas tricher de ce côté-là, de ne pas profiter de l’incompétence des gens. Si je trouve chez un antiquaire un truc que je sais de valeur et dont il ne connaît pas la valeur, là, c’est un professionnel, donc à la limite c’est le jeu. Mais si ce sont des particuliers qui vous font confiance et vous disent : « Estimez-moi ça ! », je vais être le plus juste possible. Et si je ne suis pas sûr de moi, je vais leur dire : « Voyez quelqu’un d’autre, parce que je ne peux pas l’estimer. »

Est-ce que le fait de ne pas vouloir tricher avec d’éventuels clients vous a apporté quelque chose de positif ?

Je pense qu’en ayant cette attitude-là, on crée une certaine confiance autour de soi. Peut-être que ça retombe un jour ou l’autre : les gens vous font confiance et vous en profitez, même si je n’aime pas ce terme de profit.

Entretien réalisé le 4 mars 2008

 

 

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