Maxime Le Forestier – sensibilisation

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Transcription de la vidéo

Est-ce qu’il y a des personnes qui vous ont sensibilisé à ces questions d’éthiques ?

Oh oui ! Pas beaucoup, mais il y en a eu et il y en a encore. Des gens qui m’ont appris comment me tenir ? Moustaki, Brassens. Dans un autre ordre d’art, Nun Oliveira, qui était un écuyer portugais avec qui j’ai travaillé pendant vingt ans. Lui c’était par rapport au cheval : « Si vous voulez monter correctement à cheval ne le prenez pas pour un piédestal ! » Dernièrement j’ai rencontré un homme étonnant, qui s’appelle Denis Mukwege, qui est un chirurgien qui opère et répare les femmes violées dans l’Est du Congo. Il m’a été présenté par un autre homme du même ordre, qui est Bernard Cadière, chirurgien aussi. C’est des gens dont le comportement vous fait aimer l’espèce humaine. Des gens bien, il y en aura toujours, heureusement, des gens qui vous font aimer l’espèce humaine. Des gens qui vous font détester l’espèce humaine, il y en a aussi et il y en aura toujours. Hélas je pense que c’est notre lot.

Pourquoi ces différences ?

J’ai tendance à penser que les hommes font ce qui leur fait du bien. Quand ça vous fait du bien d’aider les autres, vous aidez les autres. Quand ça vous fait du bien de les faire souffrir, vous les faites souffrir. J’ai appris aujourd’hui qu’on avait dans le lobe frontal des neurones anticipateurs. Ils ont fait une expérience avec un singe : il y a une porte rouge dans laquelle il y a une banane et une porte jaune dans laquelle il y a un truc moins bien, une feuille de salade. Très vite le singe sait qu’il faut aller vers le rouge. Il y a des hommes qui aiment les bananes, d’autres qui aiment les feuilles de salade.

Est-ce que vous avez dû faire face à un dilemme éthique ?

Un véritable dilemme, je n’irais pas jusque là, non, non. Il y a eu des cas où j’ai dû prendre des décisions dans un sens ou dans un autre. J’ai eu raison ou tort, je ne sais pas. L’avenir le dira. Mais le véritable dilemme, au sens cornélien du terme, je n’ai pas l’impression de l’avoir déjà vécu. Ou alors peut-être que je ne m’en souviens plus.

Entretien réalisé le 17 mars 2016

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