Jean-Noël Tronc – connaissance de soi

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Transcription de la vidéo

Depuis 30 ans que vous évoluez dans l’entreprise avec cette discipline éthique, qu’avez-vous avez appris sur vous ?

D’abord, avec le temps j’ai appris à apprendre. C’est-à-dire à être moins bardé de certitudes, à arriver avec des convictions fortes et des principes déterminés et j’ai beaucoup appris des autres. Ça c’est l’avantage de vieillir, y compris parce que du coup on apprend à relativiser, y compris les échecs, par exemple. Ça c’est un deuxième enseignement qui me paraît assez lié à la question de l’éthique : une trop grande intransigeance dans la manière d’appliquer l’éthique peut conduire justement à un manque de compréhension, là aussi assez français. Compréhension face à l’échec, qui peuvent être des échecs individuels, ou qui peuvent être des échec stratégiques. Et comme je vous le disais lorsque vous m’interrogiez sur ma très modeste expérience du monde politique ou même de l’administration, là aussi j’ai appris à beaucoup relativiser les certitudes avec lesquelles, notamment dans le débat français, on surdétermine les environnements : le privé serait par nature plutôt plus éthique et plus efficace, le public…

Non, non. Dieu merci, l’âme humaine est une, avec ses qualités et ses faiblesses, et quel que soit le milieu dans lequel on se retrouve, on rencontre le pire comme le meilleur. Encore une fois, ça c’est vraiment, si je l’ai résumé peut-être, le principal enseignement que j’ai retiré de mes maîtres, de ceux qui m’ont formé : l’exemple vient d’en-haut et la société ne peut développer une éthique individuelle et collective qu’à la condition que l’impératif catégorique que doit constituer l’éthique soit porté par ceux qui - que le terme nous plaise ou non, il est pertinent - font partie des élites, quel que soit le milieu dans lequel on agit. Et c’est tout le défi de la civilisation et notamment dans notre société moderne.

Entretien réalisé le 29 août 2016

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