René Frydman – éthique et rapport à la mort

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Transcription de la vidéo

Le fait d’essayer de mener une vie éthique, en tant qu’homme et en tant que praticien, a-t-il transformé votre rapport à la mort ?

Non ! Pour moi la mort reste toujours le trou noir in-maîtrisable, qui est toujours quelque chose d’horrible et de contraire. Donc, non, ça n’a rien modifié, mais la différence, c’est que peut-être il peut y avoir de l’humanisme. Je ne crois pas à une vie au-delà de la mort, je ne crois pas en l’âme dissociée du corps. Donc si vous voulez, dans ce sens-là, la mort c’est la fin et ça a quelque chose, bien sûr, de difficile à imaginer. C’est la fin, tout en pensant qu’il y des filiations, des filiations physiques, des filiations peut-être d’idées.

Je trouve qu’au contraire ça donne envie, finalement, de faire encore plus de choses dans le vivant et dans l’actuel, dans sa vie, non pas pour donner un tampon, une marque qui soit répétée et psalmodiée plus tard, mais simplement pour donner du sens, justement parce que je pense qu’il n’y a rien après. Et donc ça ne peut que renforcer cette volonté de faire en sorte que ce court laps de temps qui nous est imparti, et qu’on ne peut pas maîtriser – même si on l’a allongé un peu, dans la durée de vie et dans la qualité de vie – soit le plus riche possible, au lieu de reporter à un Au-delà hypothétique et auquel personnellement je ne crois pas.

Entretien réalisé le 14 mai 2008

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