Ghaleb Bencheikh – éthique et rapport à la mort

Transcription de la vidéo

La pratique de l’éthique peut-elle changer notre rapport à la mort ?

La mort est inhérente à la vie et le trépas, encore pour ma petite personne et tel que je le conçois, hic et nunc, là où nous parlons, est un réveil vers un autre état, tout simplement. Le souci c’est de ne pas le comprendre comme une volonté d’écourter la part qu’il reste à vivre ici. Au contraire : « Oeuvre pour ta vie d’ici-bas comme si tu devais y vivre éternellement, mais  sache que tu es prêt et donc œuvre pour l’au-delà comme si tu devais quitter incessamment ce monde-là !»

Ceci me pousse à théoriser sur les différents états de conscience. Quand je  rêve, l’univers onirique me paraît cohérent, logique, la partie n’est pas plus grande que le tout, mais si je me réveille, je suis dans un autre état de conscience et je me rends compte que j’étais en état de rêve. Mais qui dit – mais ça c’est une spéculation au sens premier du terme – que lorsque je mourrai, je ne me réveillerai pas à un autre état de conscience ? Le fait de le vivre comme ça atténue l’angoisse qu’il y a à vivre ce trépas soi-même. Bien entendu, il reste la question des êtres chers et le fait de  renoncer à ce à quoi l’on s’est attaché. Cela enseigne le détachement, déjà, mais aussi de se dire que pour autrui et pour les êtres chers c’est une épreuve. Et là, encore une fois sans dolorisme aucun, l’épreuve est le propre de l’homme, et l’épreuve est salvifique aussi. Quand elle est bien négociée, elle est bien vécue.  

Entretien réalisé le 5 décembre 2008

 

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