Catherine Enjolet – transmission

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Transcription de la vidéo

Avez-vous le sentiment de transmettre des valeurs ?

Oui, c’est le mot transmission, encore une fois. Nous sommes des passeurs, uniquement des passeurs. L’idée, justement : est-ce qu’on permet ce passage au mieux ? On revient au mot de fluidité, au mot d’harmonie. Est-ce qu’il n’y a pas trop de blocages, est-ce que ça circule ? Au fond, c’est cette vitalité, cette énergie, oui de vie, et de vie qui nous dépasse, pas seulement cette vie qui est, j’allais dire avec un état-civil, le début et la fin. C’est au-delà de ça. J'ai vraiment le sentiment, quand je suis dans ce travail-là, d’être dans le transgénérationnel, de poursuivre ce qui me précède et peut-être de permettre ce qui va me suivre. C’est ce qui m’intéresse : être simplement, oui, ne pas bloquer la transmission, la transmission de vie au sens le plus large.

Comment transmettre les valeurs éthiques aux jeunes ?

Comment surmonter la peur au fond, parce que pour moi, quand on est enfermé en soi-même, quand l’autre ne compte pas, quand il n’y a pas l’altérité, c’est une pathologie, rien d’autre qu’une pathologie, et donc… Mais ça se soigne, ça se soigne très bien, et ça se soigne je crois par le modèle autour de soi. Je le disais tout à l’heure, je pense que cet homme qui a simplement dit: “Voilà, j’aimerais bien avoir une petite fille comme toi”, donc en ouverture, ça peut ouvrir un univers. Donc je crois que si ces jeunes peuvent tout  simplement avoir autour d’eux un voisin, quelqu’un, un professeur tout simplement, qui leur apprend que non seulement aller vers l’altérité ne va pas les déposséder, mais au contraire les enrichir, c’est tout simplement faire basculer la logique qui est la leur. Parce qu’au fond, quand on ne peut pas aller vers les autres c’est un enfermement qui est assez douloureux, même si on ne le reconnaît pas, qui est un enfermement, qui est une véritable dépossession. À partir du moment où on inverse le fonctionnement et qu’il y a enrichissement, je crois que c‘est le premier pas qui compte, c’est le seul premier pas. Comme on dit à une enfant: “Marche, tu ne vas pas tomber !” si on dit à ces jeunes-là précisément: “Tu peux t’ouvrir aux autres et tu ne seras pas dépossédé et au contraire démultiplié”, alors là, voilà, tout est possible !

Entretien réalisé le 8 avril 2016

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